Je ne veux pas. Je ne peux pas. J'aimerai tant pouvoir exprimer ce que je ressens, pouvoir enfin déballer ce foutoir qui bouillonne en moi. Je vais bien, certes. Je suis amoureuse, et alors? Je suis aimée, oui. Et j'aime en retour. Mais là n'est pas la question. Il est tellement plus facile de parler de sentiments que d'évènements, de "choses matérielles". Paradoxe? Évidemment.
Il y a des moments comme ça, où j'aimerai que tout soit autre qu'argent. Que l'on puisse payer par le degré de motivation. Payer par nos sentiments.
Mais tout ceci n'est qu'illusion, bien entendu. Et je reste assise avec mon bouquin à la main, car je ne peux rien avoir rien d'autre que cet ami dans mes bras. C'est horrible. Cette sensation de ressentir, sans pouvoir la faire taire. Cette impression de lassitude du quotidien. J'ai peur de cette sensation qui porte à l'obsession, cette frustration de voyager, de partir loin d'ici. Le présent me dérange, me fatigue. Le tourniquet m'énerve. J'en ai marre de tourner en rond, comme un chat, et ne pouvoir rien faire d'autre que d'observer le sol tourner sous mes pieds.
J'ai une putain d'envie de me lever et de tout envoyer en l'air. De me foutre de tout, de mon passé de mon avenir, et de m'envoler. Pitoyable n'est ce pas? On appelle ça la crise d'adolescence je crois. Et c'est dans ces moments là qu'on est blessée dans son amour propre. C'est tellement pathétique, se savoir comme les autres, jeunes et cons. On se croit différents des autres, jusqu'au moment on se voit réagir comme eux. 19 ans, et désirant tout foutre en l'air, dans un simple caprice, car la raison de tout cela se résume en un mot: argent.
Et oui, on se dit différent, insensible aux effets de la monnaie. Jusqu'au moment où un petit quelque chose vous fait remarquer que sans lui, on n'est rien. Depuis quand je porte tant d'attention aux concerts qui coutent 80 euros? Depuis quand j'ai perdu cette notion que mes parents m'ont apprise depuis que je suis gamine? Je ne veux pas être de ces jeunes irresponsables qui jettent leur argent par les fenêtres pour simplement assouvir leur fantasme devant un groupe bourré de frics et qui les fait pourtant payer la peau du cul pour les voir se trémousser.
Je vaux mieux que ça...je crois...